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Etats Généraux de la Presse (Pôle numérique) POUR UN JOURNALISME DE QUALITE SUR CHAQUE SUPPORT

Publié le vendredi 31 octobre 2008.


Tout un symbole, la seconde réunion du Pôle « Le choc numérique ; quels modèles pour la presse écrite »s’est tenue à Matignon, où siège le porte parole du gouvernement ! Une vingtaine de Patrons de presse, un parlementaire UMP et trois syndicalistes journalistes.

En liminaire un exposé intéressant, et qui a du déranger des patrons, du professeur François Mariet de l’Université Paris Dauphine sur la « typologie des consommateurs d’information par média-pour une lecture technologique de la diffusion de l’information ».

Qu’en retenir :

• chaque support produit son lecteur ; ils ne produisent pas les mêmes types de lecture ;

• quel est le facteur commun à plusieurs supports, le noyau transférable ?

• il n’y a pas de contenu passe partout ; il faut concevoir des contenus spécifiques, conformes à chaque plate-forme ;

• comment écrire pour les fonctionnalités web, pour l’internet mobile ?

Quel métier de journaliste ?

• il n’y a pas d’article universel que l’on verserait dans divers réceptacles et dont il épouserait la forme, ça ne marche pas ;

• qu’est ce qu’un journaliste multi plate forme ? Est-ce concevable ?

• quelle vitesse de réalisation (écriture), quel contrôle, vérification, adapté à la publication sans bouclage (ou bouclage continu) ;

• quel savoir faire d’écriture journalistique : introduire dans la formation de la programmation (Html, Java, Ajax), la maîtrise des outils Google, l’indexation (robot.txt) ;

• quel style pour quel support (longueur des phrases, lexique, outils intégrés, liens, sémiologie graphique…) ;

• faut-il écrire pour Google et l’indexation ?

Devant certaines de ces affirmations des patrons ont du s’étrangler ! Le SNJ-CGT, qui siège dans cette commission, a posé la question essentielle :

quel journaliste veut-on et pour quelle information ?

Au-delà de la question delà préservation du statut d’auteur-salarié, de la préservation de l’emploi et des droits d’auteur, de la Convention Collective, veut-on sortir de la crise de confiance entre le lectorat et l’information, de l’érosion de la diffusion, en donnant les moyens à la profession de faire un journalisme de qualité, ou veut-on continuer à diminuer les coûts au détriment de l’information ?

Les employeurs veulent-ils reproduire sur le multimédia les erreurs qu’ils on commises depuis des années en pensant que le lecteur achetait un journal pour y trouver de la publicité, en sacrifiant le temps passé sur le terrain pour écrire toujours plus vite sans vérifier et croiser les sources, en développant la précarité, en faisant de plus en plus accomplir des tâches techniques par les journalistes ?

Croient-ils que l’on écrit de la même manière pour le papier, le web, le téléphone mobile ?

Le SNJ-CGT se prononce pour des rédactions affectées à chaque support.

Il réclame une formation initiale généraliste de haut niveau, puis des spécialisations, dans les écoles reconnues par la profession sanctionnée par un diplôme délivré par l’Education nationale ; une formation continue qui permette au journaliste de développer ses connaissances. En réponse certains patrons n’ont pas manqué d’avancer des positions qui, si elles étaient retenues, attaqueraient directement notre statut d’auteur-salarié, les métiers et la Convention collective :

• pour 20 minutes-Schibsted il faut « scinder en deux les métiers de reporter et d’éditeur » ;

• le représentant du Figaro affirme qu’il n’a « pas les moyens de créer des rédactions affectées par type de support » ; il envisage de remettre des zones payantes sur le net ;

• pour le Monde interactif, il n’y a « pas les moyens de disposer du meilleur spécialiste dans un domaine donné pour chaque support » ;

• pour le Groupe Sud Ouest « le journaliste doit-être polyvalent sur la base du volontariat » ;

• pour le consultant McKinsey la question est de savoir ce « qu’on va faire des journalistes non polyvalents » et il affirme qu’il faut des newsrooms intégrées ;

• question d’un autre consultant : « l’intégration est-elle rentable » ?

• tonalité différente avec le représentant de DI Group (Les Echos) affirmant que « le journaliste bi-média n’est pas un homme orchestre qui fait tout » ; il plaide pour un journaliste capable d’écrire tout à la fois long et court (presse et net) ;

• c’est le représentant de Lagardère Active qui mettra le plus les pieds dans le plat : « il y urgence économique. Si on veut survivre il faut créer plus de revenus et abaisser les coûts ; or 60% des coûts c’est la masse salariale. C’est l’enjeu. Arriver avec 1 à faire 2,3,4 ou 5 » ! Les choses qui fâchent (Droits d’auteur) seront étudiées lors de la prochaine réunion fixée au 13 novembre.

D’ici là, il est urgent que la profession fasse entendre sa voix en manifestant le 5 novembre entre 12h et 15h Place de la Bourse à Paris dans le cadre de la journée de la Fédération Européenne des Journalistes "Pour un journalisme de qualité au service des citoyens".

Paris 31 octobre 2008



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